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De la paix vandale à la répression byzantine

L'arrivée des Vandales au début du Ve siècle voit l'abrogation de ces mesures et l'ouverture d'une période de paix pour les Juifs. En effet, les nouveaux maîtres de l'Afrique romaine croient à l'arianisme, plus proche du monothéisme juif que ne l'était le catholicisme défini par les Pères de l'Église, et se montrent par conséquent plus tolérants. Cette période permet sans doute aux Juifs de prospérer sur le plan économique. En retour, ils appuient les rois vandales contre les armées de l'empereur byzantin Justinien parti à la conquête de l'Afrique du Nord.

Après la victoire de ces dernières en 535, qui ouvre la période de domination byzantine, les Juifs subissent une sévère répression, tout comme les ariens, les donatistes et les païens. Ils se voient dès lors exclus de toute charge publique, leurs synagogues sont transformées en églises, leur culte est proscrit et leurs réunions sont interdites. L'administration pratique à leur encontre une stricte application du code de Théodose et certaines conversions forcées ont pu être pratiquées. Même si, à la fin du VIe siècle, l'empereur Maurice interdit cette pratique et rend les synagogues aux Juifs, ses successeurs reviennent à une politique répressive : un édit impérial leur impose ainsi le baptême. Des auteurs avancent que certains Juifs, persécutés, ont fini par fuir les villes contrôlées par les Byzantins afin de s'établir dans les montagnes ou aux confins du désert et d'y mener une persistante guérilla, avec l'appui des populations berbères.

Installés au milieu de celles-ci, ils y auraient converti des tribus au judaïsme. Pourtant, il est possible que le judaïsme se soit propagé dans ces régions isolées quatre siècles auparavant, avec l'arrivée de Juifs berbérisés fuyant la répression de la révolte de Cyrénaïque. La transition se serait fait progressivement par syncrétisme judéo-païen entre un culte de Tanit, encore ancré après la chute de Carthage, et des éléments empruntés au judaïsme. Mais quelle que soit l'hypothèse retenue, l'historien du XIVe siècle Ibn Khaldoun confirme, par le biais de chroniques arabes datant du XIe siècle, que de nombreuses tribus berbères professent encore le judaïsme à travers l'Afrique du Nord à la veille de la conquête musulmane du Maghreb, dont les tribus des Nefzaouas et celle des Dejrawas dirigée par la Kahena. Toutefois, cette tradition est passablement remise en cause : Haïm Zeev Hirschberg rappelle que l'historien a écrit plusieurs siècles après les faits, Mohamed Talbi que la traduction française n'est pas totalement exacte puisqu'elle ne rend pas l'idée d'éventualité exprimée par l'auteur et Gabriel Camps que les Dejrawas et les Nefzaouas étaient de confession chrétienne avant l'arrivée de l'islam. Même si l'hypothèse de la conversion massive de tribus entières reste donc fragile, celle de converstions individuelles est quant à elle plus probable.

 
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